LE DUEL DES JARDINIERS
ou pagaille dans les plates-bandes


Une comédie presque absurde. Quoique...de Michal Laznovsky
Traduction du tchèque et collaboration dramaturgique : Frederika Smetana
Lumières et son : Arnaud Da Costa et Vanessa Gambini
Habillage sonore : Joffrey Guinot
Avec Frederika Smetana, Bruno La Brasca et Philippe Vincenot
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Répétition-Bruno Labrasca et Philippe Vincenot "IL FAUT CULTIVER NOTRE JARDIN“, NOUS DIT CANDIDE

Facile à dire mais pas toujours aussi simple à mettre en oeuvre. Il y en a qui se lancent dans le jardinage avec beaucoup de bonne volonté et surtout avec beaucoup d’illusions. C’est un peu le cas des deux héros de notre pièce : le jardinage devient le projet de leur retraite, celui d’une Vie Nouvelle.



LEURS PETITS JARDINS SONT VOISINS

Chacun veut en faire le jardin de ses rêves. Fleurette se laisse guider par son intuition, il cherche la beauté et la poésie. Dubêche, lui, se consacre pleinement à son potager et à tout ce qui peut générer un profit, tout ce qui peut être consommé ou transformé. Leur voisinage paraît quasi-idyllique, malgré leurs différences.

Répétition - Frederika Smetana, Bruno Labrasca et Philippe Vincenot LE DEBUT DE LA GUERRE

Mais – bien sûr, il y a toujours un « mais » – leur cohabitation pacifique commence à se gâter avec l’arrivée de madame Marguerite. Et oui, deux hommes et une femme : cet élément nouveau ne peut que déstabiliser cet équilibre fragile et perturber la vie de nos deux fervents jardiniers. Plus rien n’est comme avant, c’est le début de la guerre…
Pourtant, ils ne se doutent pas que c’est bien au-delà des clôtures de leurs jardins que pointe la véritable menace. En effet, « l’intérêt général » a d’autres projets, d’autres visions pour cette vallée paisible avec ses deux charmants petits jardins d’Eden en pleine guerre fratricide.



AU FIL DES SAISONS...
La pièce est un hommage aux jardins, un petit almanach sur l’art de faire pousser. Du début du printemps à l’entrée de l’hiver, l’histoire est rythmée par les saisons et les travaux à effectuer, les plantations qui se succèdent, la récolte des fruits, légumes ou fleurs. Car le jardinier cultive aussi le temps. Il sait que la vie de son jardin se déroule à l’intérieur d’un cycle, celui que notre planète effectue autour de la source de toute vie : le soleil.
Mais le jardinier ne reste pas les bras croisés face à ce théâtre cosmique. Il y prend part. Patiemment, il apprend à l’utiliser à son avantage.
« Le jardin n’est jamais fini. En ce sens, le jardin ressemble au monde et à toutes les entreprises humaines » (Karel Capek).
Répétition - Frederika Smetana et Bruno Labrasca

« J’ai besoin de rire et de parler de la beauté du monde, de sa cruauté aussi, et de tous ceux qui s’y perdent malgré leur bonne volonté. Oui, ils sont perdus, menacés de destruction, mais rêvent toujours d’un monde meilleur.
C’est pourquoi ma pièce est aussi un hommage à Voltaire et à son héros, Candide, qui a fait l’expérience de la cruauté du monde et a décidé de cultiver son jardin. Notre jardin.»

Michal Laznovsky



UNE IDEE DU PARADIS PAR GUILLAUME LEBAUDY A propos du texte « Le duel des jardiniers »

Selon son auteur, Michal Laznovsky, Le duel des jardiniers serait « une comédie presque absurde. Quoique ». Et tout est dans ce « presque » et ce « quoique » que l’on doit lire comme un avertissement. Que chacun d’entre nous en prenne de la graine !
Car le propos de la pièce est en réalité fort sérieux. Entre comique de l’absurde dans le ton des Diablogues de Roland Dubillard, burlesque désespéré à la Beckett et une pincée d’humour façon Idées noires, la BD d’André Franquin. Parce qu’il faut admettre que les jardiniers, Dubêche, le productiviste planificateur, et Fleurette, le contemplatif charmeur, dont les méthodes culturales et philosophie de la vie divergent sur bien des points, en tiennent une sacrée couche.
Ajoutez à cela une histoire de femme… et la guerre des jardins est déclarée ; la vengeance aveugle trouvant sa source dans la jalousie. Et quand la comédie vire au drame, l’absurde triomphe. Quoique...
Réconciliés, les deux jardiniers se mettent à parler de sujets aussi graves que l’amour, la fidélité, le sens de la vie. Les voici même à disserter sur la recette du bonheur.
Mais c’est alors que tout bascule. La mise en eau d’un barrage dont chacun connaissait l’existence, mais que personne ne voulait voir. Les jardins sont voués à la disparition.
Métaphore de la raison d’État ou de la catastrophe écologique en cours, devant ce déluge imminent nos deux jardiniers font pourtant preuve d’un optimisme béat.
Absurde ? Quoique ! L’Humanité est ainsi faite.

Guillaume Lebaudy est ethnologue, auteur, docteur en anthropologie sociale (École des hautes études en sciences sociales, Laboratoire d’anthropologie sociale, Paris).
Il a participé au spectacle de Golem théâtre « Vélo cet obscur objet de désir » et collaboré avec Michal Laznovsky à l’écriture de textes.

 

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